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    Le fleuve

     

    Je sais bien que je passe du coq à l’âne, et que tout cela n’a pas de logique, mais certaines choses, tu le sais bien, ne suivent aucune logique : cause effet, cause effet, cause effet, uniquement pour donner un sens à ce qui n’a pas de sens. C’est pour cela, comme dirait un de mes amis, que les personnes qui à un moment ou à un autre de leur vie ont choisi le silence l’ont fait : parce qu’elles ont eu l’intuition que parler, et surtout écrire, est surtout une façon de pactiser avec le manque de sens de la vie.

     

                 Antonio Tabucchi, Le fleuve extrait de  Il se fait tard, de plus en plus tard (2002)

    Ciel, air et vents, plains et monts découverts

     
    Ciel, air et vents, plains et monts découverts,
     
    Tertres vineux et forêts verdoyantes,
     
    Rivages torts et sources ondoyantes,
     
    Taillis rasés et vous bocages verts,
     
     
    Antres moussus à demi-fronts ouverts,
     
    Prés, boutons, fleurs et herbes roussoyantes,
     
    Vallons bossus et plages blondoyantes,
     
    Et vous rochers, les hôtes de mes vers,
     
     
    Puis qu'au partir, rongé de soin et d'ire,
     
    A ce bel oeil Adieu je n'ai su dire,
     
    Qui près et loin me détient en émoi,
     
     
    Je vous supplie, Ciel, air, vents, monts et plaines,
     
    Taillis, forêts, rivages et fontaines,
     
    Antres, prés, fleurs, dites-le-lui pour moi.
     
     
     
    Pierre de Ronsard, Les Amours (1552) 

    Ceux qu'on sert à emporter

     

    Cher Père Noël, je voudrais bien assister à un concert de mon groupe préféré, si tu pouvais arranger les dates pour que je ne sois pas bloquée par le boulot, pour que je puisse squatter chez des amis après, voire les amener avec moi…Ah non, c’est pas possible ? ahh… pardon, c’est pas la saison. Bon. Eh ben je vais me prendre un petit concert à emporter, si ça t’ennuie pas, et puis on se télébouffe en décembre. OK ?

     

    Le concert à emporter, c’est une vidéo d’une vingtaine de minutes proposée par la Blogothèque (for your ears only, tout un programme), réalisée par Vincent Moon. Ce monsieur et ses acolytes se pointent au moment du concert, et filment. Pas le concert précisément, mais un plan séquence durant lequel le groupe en question jouera un morceau, et pas exactement sur scène non plus. Un exemple ? les Canadiens d’Arcade Fire, entassés dans un monte-charge, jouant Neon Bible juste d’avant d’entrer en scène  (ou plutôt, en l’occurrence, en fosse) à l’Olympia en mars dernier. Rien que pour vous, qui allez vous précipiter sur le site pour télécharger ce film, ou regarder les précédents concerts à emporter en streaming.

     Enregistrement pour le prochain DVD, clip, documentaire, voilà ce que le concert à emporter n’est pas. Pour déguster, calez-vous dans votre fauteuil, montez le son, et hop ! 

    On ne badine pas avec l'amour

     

    "Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses curieuses et dépravées; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière; et on se dit: "J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."

     

    la permission

     

    De retour à la maison, debout dans la toute petite allée, je considère le mûrier dont l’ombre couvre à présent le minuscule carré de pelouse, bordé par ces fleurs que nous avons plantées ensemble, il y a quelques mois. Derrière lui, en plein soleil, la masse imposante du clocher de l’église sonne midi.

    Le ciel est bleu, je suis revenue, rien n’a bougé mais tout a changé, je redécouvre des pièces encombrées d’objets que je ne connais pas. Pour un jour, je suis invitée chez moi.

                    Surprise, réminiscences, nostalgie, contemplation. Les souvenirs, les vrais, et les larmes qu’ils accompagnent restent tapis derrière, au-delà de la petite porte grillagée qui nous sépare. Le temps s’est arrêté pour moi, je suis ici et maintenant, je suis vivante et je regarde intensément, comme si mes yeux pouvaient mettre l’atmosphère de cet instant dans une bouteille, pour plus tard.

     

                    J’ai marché à nouveau, je suis rentrée pour de bon, et ma nouvelle vie a repris son cours, car la vie continue. Dans ma cave personnelle, je garde la bouteille qui renferme cet instant charnière, archivé par cette part de moi qui vit, qui voit, et qui continue de marcher même quand tout le reste fait défaut. Elle a précieusement conservé ce moment, juste avant le basculement entre stupeur et douleur, avant que la familiarité des lieux ne rende le sentiment de perte insupportable.

                     J’entrepose ainsi une myriade d’élixirs d’instantanés. Ils sont plus fidèles que les souvenirs, sur lesquels se déposent, comme des filtres colorés, les émotions : arôme de paradis perdu, ou essence d’amère déception. De temps en temps, un bouchon se dérobe, et c’est une bouffée d’instant pur qui s’échappe, papillonne et s’évanouit : éphémère effet de mon extrait d’éternité.

    ne cessons pas de nous arrêter...

     

    L’émission Arrêt sur Image, diffusée sur France 5 le dimanche midi, ne reprendra pas à la rentrée 2007. C’était, une fois par semaine, une analyse fine et souvent drôle de ce que notre télévision nous propose/impose, et de notre façon de l’accepter, l’occasion de prendre de la distance, de se libérer de tout parti pris. C’était aussi la seule émission de télé qui faisait régulièrement son autocritique, sans vanité ni complaisance.

    Et pourtant, malgré ma déception révoltée, j’ai déjà rédigé une gentille oraison funèbre de pacotille, tout ça pour  vous inviter, ô innombrables et fervents lecteurs, à signer la pétition demandant le maintien de l’émission :

     

    http://arret-sur-images.heraut.eu/

    L'émission n'est plus, mais l'équipe ne s'est pas tue pour autant : tous s'expriment sur leur blog, où les commentaires d'adorateurs foiseonnent depuis quelques jours:

    http://www.bigbangblog.net/

    y’a plus qu’à cliquer…

     

    Les Quatre Lectures

     

    Un petit questionnaire pioché chez Hasardeuse.

     J’ai essayé de ne pas tricher (difficile, car répondre à chaque question oblige à repenser à tous les livres dont on se souvient, et à décider de critères pour choisir les 4 élus), voilà le résultat.

     

    Quatre livres de mon enfance :

    -          Bilbo Le Hobbit de JRR Tolkien

    -          Hiéronymus le caméléon

    -          Ma sœur est une sorcière de Diana Wynne Jones

    -          Après la pluie, le beau temps de La Comtesse de Ségur

     

     

    Quatre livres de mon adolescence :

    -          Les Hauts de Hurlevent de Emily Brontë

    -          Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll

    -          Dune de Frank Herbert

    -          Les Fourmis de Bernard Werber

     

    Quatre livres de ma vie étudiante :

    -          En attendant l’année dernière de Philip K Dick

    -          La Huitième Fille de Terry Pratchett

    -          Pride and Prejudice de Jane Austen

    -          Bienvenue à Blandings de Pelham Grenville Wodehouse

     

    Quatre collections de BD :

    -          Nausicaa de la Vallée du Vent de Miyazaki

    -          Peter Pan de Loisel

    -          Les Passagers du Vent de Bourgeon

    -          Astérix & Obélix, de Uderzo et Goscinny

     

    Quatre écrivains que je relirai encore et encore :

    -          Terry Pratchett

    -          JRR Tolkien

    -          Ray Bradbury

    -          Frank Herbert

     

    Quatre écrivains que je ne relirai probablement jamais (question facile) :

    -          Henry Miller

    -          Jean-Jacques Rousseau

    -          Dan Simmons

    -          Clive Cussler

     

    Quatre livres de ma pile à lire (question plutôt facile) :

    -          La Divine Comédie de Dante

    -          Washington Square de Henry James

    -          Les Dépossédés de Robert Mc Liam Wilson

    -          Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine

     

    Quatre livres à emporter sur une île déserte (question super-difficile) :

    -          Le Seigneur des Anneaux (ou plutôt, les œuvres complètes de Tolkien)

    -          L’Ile Mystérieuse de Jules Verne

    -          Chroniques Martiennes de Ray Bradbury

    -          L’importance d’être constant d’Oscar Wilde

     

    Quatre fois les quatre derniers mots d’un de mes livres préférés (ok, là j’ai triché) :

    En attendant, il baissa les yeux sur l’eau et prononça à titre d’essai celui que lui avait appris son grand-père, lequel le tenait de son propre grand-père, le mot qu’on avait conservé des millénaires durant pour le jour où on en aurait besoin

    Il désignait l’odeur après la pluie.

    Le gamin se dit que ça valait la peine d’avoir attendu.

    Le Dernier Continent, Terry Pratchett

    Le tour d'écrou

     

    La grande question – du moins l’une des questions qui se pose plus tard à l’examen de certains faits, c’est, je le sais, d’évaluer le temps qu’ils ont duré. Eh bien ! pour le fait en question, il dura – vous pouvez en penser ce que vous voudrez – le temps qu’une douzaine de suppositions (à mon avis, pas meilleures les unes que les autres) se présentassent à mon esprit, pour expliquer l’existence, dans la maison – et surtout, depuis quand ? – d’une personne que je n’y soupçonnais pas. Il dura le temps de me froisser un peu, en songeant que, dans ma situation, une telle ignorance, non plus qu’une telle présence, n’étaient admissibles. Il dura, en tous cas, le temps que ce visiteur (marque étrange de familiarité, il ne portait point de chapeau, je m’en souviens), que ce visiteur pût, de sa place, sembler me fixer, en m’adressant juste la même question, le même regard scrutateur que provoquait sa propre présence. Nous étions trop éloignés l’un de l’autre pour nous parler, mais il vint un moment où, eussions-nous été plus rapprochés, une apostrophe quelconque, rompant le silence, serait certainement résultée de notre façon mutuelle et sans détour de nous dévisager. Il se tenait à l’angle le plus éloigné de la maison, très droit, je le remarquai, ses deux mains appuyées au parapet. C’est ainsi que je le vis, comme je vois les lettres que je trace sur cette page.

    Henry James, Le tour d’écrou

    Dune/Frank Herbert

     

    La curiosité vint atténuer la peur jusqu’à la rendre supportable. Paul avait perçu la vérité dans la voix de la vieille femme. Il ne pouvait nier ses paroles. Si vraiment sa mère veillait là dehors… Si vraiment il s’agissait d’une épreuve… quelle qu’elle fût, il savait qu’il ne pouvait y échapper. Il était prisonnier de cette main près de son cou, du gom jabbar. Il se souvint des paroles de la Litanie contre la Peur du Rituel Bene Gesserit, telles que sa mère les lui avait enseignées.

                    Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur le chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien, rien que moi.

                    Il sentit son calme revenir. « Finissons-en, vieille femme », dit-il.

                    « Vieille femme ! (Elle avait crié.) Tu as du courage, on ne peut en douter. Eh bien, nous allons voir cela, mon petit ami ! »

     

    Frank Herbert, Dune (1978)

     

    Dune, c’est, certes, un film d’un kitsch sidéral (et sidérant) de David Lynch avec Sting dans un costume super-glamour, mais c’est aussi et surtout un immense roman de science-fiction, et le premier d’une saga grandiose. Les romans de Herbert sont bien au-delà de mes capacités d’analyse, mais ils abordent des thèmes récurrents : la civilisation, ce qu’elle pourrait devenir (une ruche comme dans La ferme d’Hellstrom, quelque chose d’inconnu comme dans La maison des mère, La barrière Santaroga ou Dosadi), les « extraterrestres » ou plus précisément les non-humains (les co-sentients de L’étoile et le fouet, les différents personnages de la saga de Dune…), les religions - leur origine, leur but, leur évolution (Dune évidemment, mais aussi Et l’homme créa un Dieu par exemple), la justice, le langage (L’étoile et le fouet) la politique, le destin (comment la prescience prescrit-elle les actes ?), la recherche de la vérité. Dans tous ces romans et nouvelles, le lecteur est en communion avec des personnages en quête, pas spécifiquement bons ni méchants,  physiquement humains ou non (et pas forcément dans leur corps ou dans leur espace-temps), et ressent de façon parfois intense leur interaction avec les autres (amour, haine, manipulation, sexe, religion…), avec une drogue, ou un pouvoir surnaturel et les mystères auxquels cela leur donne accès (le monde). Ce qui se passe concrètement dans l’intrigue est souvent secondaire à ce que le déroulement des évènements révèle, laisse supposer, soupçonner, et qui meut les protagonistes. C’est fascinant, déroutant, dépaysant (normal, c’est de la science-fiction), ça laisse l’esprit comme une fourmilière. Plonger dans les univers de Frank Herbert, c’est comme de passer en vitesse supra-liminique dans Star Wars (ceux où Harrison Ford est jeune, avec les traits blancs rayonnant du centre de l’image), ou de se coller sur le nez du TGV : tout va beaucoup trop vite pour tout assimiler. En fait, c’est indescriptible (ce que démontre assez clairement, je pense, tout ce qui précède)

    Pour moi, Dune, c’est surtout le premier bouquin pioché dans la bibliothèque paternelle, entamé au milieu d’une révision mortellement ennuyeuse d’un devoir de géo sur les différents espaces français : éblouissant, passionnant ; et relu, re-relu, et re-dévoré depuis lors, principalement en période de révision d’exams (ce qui m’a permis, entre autres, d’aller à l’oral de bioch, qui m’a laissé un souvenir impérissable). D’ailleurs, là, je m’en relirais bien quelques pages…

    Un long dimanche de fiançailles

     

    « Eh bien, la semaine dernière, j’ai lu mot par mot, ligne par ligne, page par page, plus de la moitié d’un catalogue en anglais, gros comme ça, pour trouver sur quel timbre de la reine Victoria figure l’un de ses deux prénoms secrets, Penoe. »

    « Quel est l’autre ? »

    « Anna. »

                    Il sourit, les yeux vagues et grands de nostalgie, comme celui qui a fait de belles misères à une Anna mémorable, du temps de sa jeunesse pauvre, au quartier latin.

    « Papa, tu es ridicule quand tu ne m’écoutes pas. »

    « Alors, je ne suis jamais ridicule. »

    « Quatre jours entiers, ça m’a pris ! »

    C’est vrai. La semaine dernière, Mathilde a passé quatre jours à l’hôpital pour des examens dits de routine. Elle se plongeait dans les ivresses philatéliques entre deux tracasseries.

    « Et tu as trouvé ? »

    « Pas encore. Je n’en suis qu’à la lettre L, dans le catalogue. A Leeward, exactement. Les îles Leeward, ou îles Sous-Le-Vent, sont une colonie britannique dans la mer des Caraïbes, au nord de la Martinique, à l’est de Puerto-Rico. Tu vois que c’est instructif, les timbres-poste. »

    « Quel besoin as-tu de savoir une chose pareille ? »

    Il s’est arrêté de lui malaxer les orteils. Il regrette déjà la question. Il connaît sa Matti, du moins le croit-il, mieux que personne. Il sait que partie si loin – ce soir, aux îles Sous-le-Vent -, elle ne s’arrêtera plus, qu’il est temps de mettre la cape. Au bout de la dérision qu’elle affiche pour tout, qui s’enfle et qui s’enfle si on la laisse aller, il n’y aura jamais que les larmes qu’elle retient.

    « Une chose pareille ne s’invente pas », répond Mathilde. « Et les choses qui ne s’inventent pas sont très pratiques pour reconnaître le vrai du faux. (…) »

     

    Sébastien Japrisot, Un long dimanche de fiançailles. (1991)

    La Fausse Monnaie/Baudelaire

     

    On n’est jamais excusable d’être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu’on l’est ; et le plus irréparable des vices est de faire le mal par bêtise.

     

    Charles Baudelaire, La fausse monnaie, in Le spleen de Paris.

    Les Diaboliques/ Barbey d'Aurevilly

     

    Je ne sais pas de quel point on était parti pour arriver là, mais quand j’entrai, on parlait romans. Parler romans, c’est comme si chacun avait parlé de sa vie. Est-il nécessaire d’observer que, dans cette réunion d’hommes et de femmes du monde, on n’avait pas le pédantisme d’agiter la question littéraire ? Le fond des choses, et non la forme, préoccupait. Chacun de ces moralistes supérieurs, de ces praticiens, à divers degrés, de la passion et de la vie, qui cachaient de sérieuses expériences sous des propos légers et des airs détachés, ne voyait alors dans le roman qu’un question de nature humaine, de mœurs et d’histoire. Rien de plus. Mais n’est-ce donc pas tout ?... Du reste, il fallait qu’on eût déjà beaucoup causé sur le sujet, car les visages avaient cette intensité de physionomie qui dénote un intérêt pendant longtemps excité. Délicatement fouettés les uns par les autres, tous ces esprits avaient leur mousse.

     

    Jules Barbey d’Aurevilly, Le dessous de cartes d’une partie de whist.

     

    Les récits rassemblés dans les Diaboliques mettent en scène des femmes mystérieuses, insondables, immorales et parfois irrésistibles. Diaboliques, donc, mais fascinantes pour les hommes qui les croisent et qui les racontent, les décrivent, s’interrogent sur ce qui se cache derrière ce terrible souvenir qu’elles leur laissent. Envoûtés, terrifiés, glacés, épouvantés… ils ont fait face à une femme qui s’échappait de ce que sa naissance avait prévu pour elle (sa condition, sa classe sociale, son carcan en somme), qui ne respectait pas les règles auxquelles ils la croyaient soumise. Et ils se sont laissés emporter, ils ont été déstabilisés, engloutis dans le tourbillon d’émotions que cette créature a fait  naître, dans l’incendie d’émotions qu’elle a allumé ; sans jamais la repousser ni la condamner, cependant. Ce sont des hommes dominés, puisque cette rencontre, qui aurait du leur être indifférente, leur a laissé un souvenir impérissable, et les fait encore frémir. Et c’est peut-être, précisément parce qu’elles peuvent prendre un tel ascendant sur un homme au sommet de sa puissance, qu’elles méritent, pour Barbey d’Aurevilly, ce qualificatif de diabolique.

    Sombres, scandaleux, ces récits sont aussi passionnants et flamboyants. Ils tiennent en haleine le lecteur (mais qu’est ce qui a pu traumatiser cet homme blasé de tout ?), le brutalisent même (le sordide n’est pas censuré), et quand arrive le dénouement, le laissent dérouté.

    C’est diaboliquement bien écrit, et suffisamment sulfureux pour rendre la lecture encore plus savoureuse : un plaisir infernal.

    Et pour avoir les images en plus des mots, il suffit de courir voir Une vieille maîtresse, un autre roman de Barbey d’Aurevilly, adapté au cinéma par Catherine Breillat, en salles dès aujourd’hui. Vous reprendrez bien un peu de scandale ?

     

    Footix, Idefix et les autres

     

    Je suis fermement convaincu que si vous marquez un but,

    l'autre équipe doit en marquer deux pour l’emporter.

     

    Howard Wilkinson.

     

    D’où vient cette citation, éblouissante de subtilité ? pas du zapping de Canal + ni d’un bêtisier quelconque, mais d’un recueil de photos émaillé de petites phrases, signées Bob Marley, Oscar Wilde, Machiavel*, ou Eric Cantona. Et le thème est… le foot.

    Levon Biss a photographié le football dans tous ses états, dans tous ces Etats où il est le roi des sports. Ceux qui y jouent, ceux qui en rêvent, ceux qui en vivent, ceux qui vivent pour, ils sont tous là. Mais il recense aussi ces lieux où la magie opère : les stades évidemment, mais aussi les plages, les rues, partout où on peut se tenir à peu près debout, avec ou sans ballon.

    Plus qu’un sport, un culte !

     

    One Love – Football, une passion universelle, ed. Prolongations.

     

    Un millefeuille à déguster, à partager avec ceux qui aiment le foot comme à ceux qui s’en… contrefichent. En un mot : universel !

     

    * lui-même

    farpaitement !

    Calligraphie sans frontières

     

    Chaque année, Mail across the world organise des expositions d’enveloppes calligraphiées sur un thème choisi. Professionnels ou amateurs, quel que soit leur style et leur technique (enluminures, timbres ou collages), tous peuvent participer, il suffit d’adresser l’enveloppe en question au comité d’organisation.

    Ces enveloppes seront exposées en Europe et dans la galerie virtuelle du projet.

     

    En 2007, le thème proposé était le voyage. L’exposition est visible sur le site du mail art project, et les internautes peuvent noter les œuvres. Certaines sont vraiment magnifiques, et ça donne envie de s’y (re)mettre. C’est aussi un bon prétexte pour se déplacer jusqu’aux lieux d’expo et les voir en vrai…

     

    C’est décidé, l’année prochaine, je participe !

    Ensemble tout devient possible

     

    Résumé des caractéristiques du produit :

     

    Se reporter au discours du 6 mai au soir, mais sans le son ni l’image, juste les mots… Mieux vaut ne pas passer les 5 prochaines années en hibernation.

     

     Antidote:

     
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
    Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme.
    Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

    Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
    Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
    Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
    Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

    C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
    La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
    Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
    Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

    Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
    Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
    Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
    Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

    Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
    Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
    Oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh...

    Le chant des partisans

     

    Paroles: Maurice Druon, Joseph Kessel. Musique: Anna Marly   1943
    © Editions Breton
    autres interprètes: Anna Marly, Germaine Sablon, Bordas, Yves Montand, Johnny Halliday, Pierre Nougaro, Claude Voincy, Luc Barney, Armand Mestral, Lucien Lupi
    note: Textes original en russe d'Anna Marly, puis adapté en français.

    Jaune camionnette de mon coeur

     

    J’aime mon facteur, et je refuse la libéralisation du petit courrier :

    Pétition sur le site de SOS Poste!

    Communicator

     
    Pour le cas où on n'aurait pas bien compris, Gérard Miller, gourou de France 2, décortique le discours du pompier incendiaire.
     
     
    A vos cartes d'électeurs!

    Qui suis-je?

    Comment vivez-vous Internet ?

    Êtes-vous Passengers, Expectateurs, Chineurs, Companions, Master developpeurs Mass downloaders, Traders ?

     

    Voilà une question cruciale, à laquelle Ipsos apporte désormais une réponse, moyennant le remplissage d’un questionnaire, bien évidemment. Carotte supplémentaire : des chèques-cadeaux à gagner lors d’un super-tirage. Quel suspense ! Et à la fin, l’immense soulagement de savoir enfin dans laquelle de ces catégories on se classe. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, il y a la description, dans un style rappelant le commentaire de documentaire animalier (ou la voix off des émissions de télé naturalistes, qui s’intéressent au problèmes des vrais gens) de la catégorie en question, afin que le sondé puisse vérifier à quel point il est lui-même.

     

    Alors voilà, je suis un Chineur.

    [Tadaaaam !!!]

     

    Pour les Chineurs, Internet est à la fois passionnant et pratique. Leur recherche frénétique d’informations diverses et variées les conduit à passer beaucoup de temps sur le net.

    Ils exploitent au maximum cette mine d’information inépuisable à la fois passionnante et très pratique : ils s’informent sur les sites d’actualités, explorent de nombreux sites, recherchent quantité d’informations pratiques, gèrent leurs comptes bancaires, …

    Concernant les achats, les Chineurs appliquent cette même passion pour le web et n’hésitent pas à se tourner vers la toile pour effectuer leurs emplettes.

    Les chineurs apprécient flâner sur le web à la recherche de nouveaux sites intéressants ou de nouveaux produits.

    Tantôt encyclopédie, tantôt immense magasin, Internet constitue un vaste espace de liberté qui enthousiasme les Chineurs.

     

    Bon, ben ça c’est une révélation, maintenant que j’ai mon étiquette sur le front, je me sens bien plus à l’aise avec moi-même et avec le monde. Normale, quoi.Merci IPSOS !